Deux régimes cohabitent. Le laboratoire est un producteur au sens de l'article 1245 du code civil : il répond du dommage causé par un défaut de son produit, qu'il soit ou non lié par un contrat avec la victime. Le patient, qui n'a aucun contrat avec vous, peut donc agir directement contre vous, à charge pour lui de prouver le défaut.
Le chirurgien-dentiste, lui, répond d'une faute. La Cour de justice de l'Union européenne a jugé, le 21 décembre 2011 (affaire C-495/10), que le professionnel de santé qui utilise un dispositif acquis auprès d'un tiers n'en est pas le producteur.
Sa responsabilité suppose donc une faute prouvée : plan de traitement, choix de la solution, prise d'empreinte, pose ou suivi.
Votre meilleure défense est écrite. Dans ce type de litige, gagne celui qui peut produire un dossier. Conservez la prescription écrite reçue, la fiche de fabrication, les lots de matériaux utilisés, les échanges avec le praticien, et surtout vos réserves : si une empreinte est douteuse ou une prescription techniquement discutable, écrivez-le au cabinet avant de fabriquer. Un devoir d'alerte exercé et tracé déplace la responsabilité.